
Le Paris des années 1930, la chaleur des quelques couvertures remisées après l’étreinte. En sourdine, « Parlez-moi d’amour » égrène quelques notes nasillardes qui détruisent la bulle romantique d’Anaïs. À ses côtés, la sérénité ne semble pas avoir de prise sur le tourment qui anime Henry. C’est alors qu’ils se livrent à un ballet géométrique, sous le signe de la compréhension intime et absolue. Le geste est appelé, accompagné, chacun portant les membres de l’autre comme s’ils animaient chacun les leurs. Anaïs se délecte de la complémentarité émotionnelle et spirituelle l’unissant à Henry qui trouve son expression dans leur épanouissement physique.
Le chorégraphe, Bernard Baumgarten, nous présente ici une œuvre intense et d’une grande sensualité. La sobriété spartiate et symbolique de la mise en scène et en lumière contribue à focaliser l’attention sur le mouvement. Audace de la littérature vers la danse.
La correspondance entre Miller et Nin montre ce besoin presque viscéral d’une communication – osmose. Saisir aussi bien l’ambition littéraire que l’exploration sexuelle. Leur relation épistolaire montre également combien tous deux aimaient abattre les cloisons conventionnelles du temps, et à quel point aussi ils étaient proches en partageant cette expérience.
![]()
Chorégraphe : Bernard Baumgarten
Danseurs : Jonna Aaltonen, Teemu Kyytinen
Musique : Etienne Schwarcz
Lumière : Lutz Deppe
Costumes : Bernard Baumgarten
Durée : 27 Minutes
Production : UnitControl, TROIS C-L, Dance Development
Première de la reprise : 21.10.2010 TROIS C-L, Luxemburg
![]()
Avec le soutien de Ministère de la culture, Fonds Culturel National du Luxembourg, Fondation Indépendance